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Quelques "gramoun", tel Georget POTHIN, originaire de Trois Bassins et résidant en Métropole, depuis de forts nombreuses années, nous éclaire sur la pratique "lontan", comme il a pu la voir avec ses yeux d'enfant : "quand j'étais plus jeune, les moringueurs se réunissaient à Trois-bassins, souvent le dimanche, les gars se défiaient à tour de rôle, ils rentraient dans le rond et se défiaient en disant :"alon bat moring". La musique était différente, à base de "bidons en fer blanc" De nos jours, le moring, de part sa diversité dans la pratique, mais aussi grace à sa structuration, permet au plus grand nombre de s’exprimer, de se construire.....à travers des activités aussi multiples et variées que : la danse, la musique, l’acrobatie, le combat, la chorégraphie, le chant, la fabrication ou la réparation d’instruments, le jugement, l’arbitrage, la gestion d'association.... La structuration du moring, engagée par Jean René DREINAZA à travers la création d'un "Comité Réunionnais" offre à chaque moringueur, au sein d'associations affiliées, la possibilité d'une pratique en toute liberté, en fonction de ses propres choix. Pour cela deux formes de pratique cohabitent en synergie.
Le Moring en démonstration C’est le coté festif du moring, pour lequel chaque école essaie de mettre en place les plus belles chorégraphies possibles. Tous les pratiquants, quelque soit leur niveau, peuvent participer à la fête. Cette pratique à souvent cours lors de festivités (comme la « fêt kaf », le 20 décembre), de festivals..... On retrouve aussi cette pratique en fin de compétition ou de "galop". Chacun rentre à tour de rôle dans le rond pour executer les figures les plus audacieuses en rapport avec son niveau de pratique ou son inspiration créatrice, avant de défier l’adversaire de son choix. Pour l’avoir vécu après un galop, je n’oublierai pas aussi la dimension de fraternité multiculturaliste qui règne dans ces moments là. C’est poignant de faire partie d’un rond où les moringueurs se tiennent la main et entonnent à tue-tête le chant du moring, unis en une seule et même famille qui regroupe : "kaf", "malbar", "zorèy", "zarab", "sinoi", "yab"…. tous moringueurs.
La compétition de moring peut se définir comme l’opposition de 2 combattants dans un espace délimité (le rond), avec des formes de frappes et des acrobaties codifiées, dans un temps limité et au son de la musique qui rythme la danse et le combat. Un cercle de 3 mètres de rayon est tracé au sol. Tout autour sont positionnés : le président du jury, 3 juges, les chronométreurs, le médecin, les musiciens et l'entraîneur. A l’intérieur du cercle évoluent l’arbitre et les 2 moringueurs. Ceux-ci s’affrontent obligatoirement dans la même catégorie d’àge et de poids. Suivant les catégories d’âge, les rencontres se déroulent en 4 x 2 mn (juniors, seniors), 3 x 2 mn (vétérans, cadets) et 4 x 1mn (benjamins, minimes), avec un temps de repos de 1 mn pour toutes les catégories. Les 2 ou 3 premières reprises sont des reprises de combat où l’objectif du moringueur est de toucher son adversaire, plus que ce qu’il est touché lui-même, la dernière reprise étant une reprise d’acrobatie dans laquelle le moringueur doit enchaîner le plus possible de figures codifiées (salto, roue, rondade, flip, équilibre, poirier, roue sur une main…). A la fin du combat l’arbitre ramasse les bulletins, les donne au président du jury qui déclare le vainqueur, en fonction des décision des juges. Ces décisions peuvent être : vainqueur du moringueur X à l’unanimité, du moringueur X à la majorité ou égalité. En cas d’égalité, les deux moringueurs sont départagés sur leur capacité à maitriser les instruments de musique (pikèr, djembé, doum-doum). Ils sont notés selon le barème établi par le code sportif.
Inscrit dans la culture réunionnaise comtemporaine, le moringue est en passe de conquérir la métropole.
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